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ECOSOMA

L’approche écosomatique proposée par (n) tente d’explorer des « continuités » entre soi et l’environnement, de nouveaux rapports avec les milieux, par exemple le biais de la respiration, des protocoles d’attention, des images, des modes d’écoute qui font naître des qualités de mouvement et des états de corps et d’esprit spécifiques. Le terme “écosomatique” est proposé par J.Clavel & I. Ginot en 2015.

Le propos d’Ecosoma de (n) est de proposer des ateliers pour se percevoir en réciprocité avec d’autres vivants dans des sites agricoles, et d’explorer la part de l’art des pratiques somatiques adressées à un usage agricole.

Le site du projet Ecosoma : ecosoma.art

Les pratiques somatiques sont des exercices corporels qui mènent chacun à prendre conscience de ses habitudes de mouvements, afin d’en élargir la gamme des possibles. Il s’agit d’affiner le ressenti et la mobilité du corps à l’aide par exemple du mouvement, du toucher, de la voix ou de l’imaginaire. L’écosomatique place ce mode de perception en réciprocité avec son environnement, en tant qu’écosystème, il devient lieu de partage avec d’autres vivants (autres qu’humains) .

Il s’agit de travailler sur les relations au milieu, et non sur “le corps”. Les techniques somatiques sont un outil précieux pour construire collectivement de nouvelles formes de coopération au sein d’une diversité de mondes vécus. Ces pratiques permettent de penser l’inscription des savoirs dans les pratiques locales, en relation avec l’environnement.

Le premier “Espace Ecosoma”de (n) est expérimenté sur le site des maraîchers des Couëts à Bouguenais (agglomération nantaise).

Documentation de la recherche en cours sur ce site maraîcher ici : http://marinapirot.info/AGRO

Ecosoma de (n) propose d’explorer des techniques d’ouvertures propres aux écosomatiques qui reprennent la philosophie de l’art libre. (n) développe des modules de recherche sous forme d’ateliers corporels qui mènent à des partitions.

Les expériences de maraîchages sont proposées à des groupes, à partir de l’approche somatique (qui reconnaît la place de l’expérience dans le geste) et de l’approche écologique (une corporéité existant dans ses interrelations avec les autres êtres vivants externes ou internes).

Ecosomatique - notes

  • Les pratiques somatiques : dès les années 1960, Thomas Hanna, praticien somatique et philosophe (dans “Bodies in Revolt”) définit les “Pratiques somatiques”, comme recherche de l’unification du corps, de la conscience et de l’environnement. Les méthodes de ces pratiques dites « alternatives » (Alexander, Feldenkrais, Eutonie, Rolfing, relaxation, Gymnastique Holistique, Body-Mind Centering®, etc) s’intéressent aux “états de corps”. Elles se sont développées à la fin du 19ème siècle, en marge de la science qui a généré les représentations du corps encore largement partagées aujourd’hui. Thomas Hanna, dans les années 1970 a proposé le terme générique de “pratiques somatiques”, pour ces méthodes qui ont en commun une conception holis­tique du sujet (corps, pensée, affects, émotions sont indissociables), des techniques manuelles et tactiles et l’expérience subjective au centre de la pratique.

  • À partir de l’écologie scientifique, Joanne Clavel et Isabelle Ginot ont suggéré que les somatiques ont produit un modèle de corps comme « soma-écosystème » basé sur les notions de potentiel, de diversité et de réciprocité de l’interaction du corps dans son environnement proposant le terme “Ecosomatique”.

Intermisson Body Mind - IBM

IBM, est constitué d’ateliers de pratiques corporelles, de textes théoriques et de conférences-présentations autour de l’exploration d’une écologie perceptive, parfois le tout en un module d’écriture-partition. Les partitions sont des modes d’emploi pour renouveler les pratiques d’écoute, appropriés à un site spécifique ou à une situation acoustique inédite. Les partitions se nomment des dispositions, ce sont des incitations à se disposer dans les flux vibratoires, la gravité et les partenaires du moment et du contexte, humains et non-humains, intérieurs et extérieurs à soi…des mises en relation qui s’inventent. IBM est un travail de recherche-création qui retourne le “mind-body problem” philosophique (ou connexion corps-esprit ) par des temps d’intermède, de pause,“intermission”, entre-actes. IBM questionne les pratiques du mouvement non pas comme actions corporelles mais comme interactions avec les lieux, les paysages et leurs habitants. Les protocole travaillent cette réciprocité, les relations entre le milieu et le corps en tant qu’appareil perceptif. Ces modules d’écoute, d’attention (awareness versus awakeness) inventent des pratiques “sur mesure” aux sites investis, avec le projet de réinscrire la subjectivité corporelle dans la continuité de ses relations au vivant. Les modules IBM articulent les esthétiques artistiques (sonores, chorégraphiques) et l’éthique environnementale (transition écologique et transition esthétique). Le travail d’IBM promeut les pratiques de l’art libre en réponse aux réflexes du copyright (en clin d’oeil, la société IBM® est n°1 en nombre de dépôts de brevets!). Les modules IBM en “art libre” sont des dispositions de pratiques corporelles/paysages pluriels.

Visuel : workshop avec des étudiants des Beaux Arts de Pau, septembre 2017.