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PAN-FORUM

Panorama de lieux de résidence d’arts en résilience

Le site du réseau(en cours de création) : <https://lenoyau.org/wiki

The PAN Forum is a site for places and people to gather for exchange. The “places” we’re thinking of are art residencies that have either been inspired by the ongoing experiment of the Performing Arts Forum in St. Erme, France, or are in accord with its way of operating: a (mostly) self-organized entity that provides space and facilities for artists to stay and practice their arts; it is not for profit and depends on the collective effort of the artists to maintain its daily functions. This network’s focus on self reliance seeks to develop methods for each place to reduce its running expenses, and thus hopefully reduce the entire community’s expenses.

PAN FORUM fait suite et prolonge un travail d’écriture collaborative entre plusieurs partenaires Européens et surtout le souhait de travailler en réseau.

Le projet INTERMISSION Initialement écrit dans le cadre d’une candidature à des fonds Européens Europe Creative (qui n’a pas aboutit) pourra probablement nourrir les futures réflexions de PAN FORUM :

Le projet européen INTERMISSION est un projet de coopération associant des pratiques situées dans le paysage du littoral de Plymouth, sur le littoral hollandais, l’estuaire Nantes / Saint-Nazaire, dans le paysage semi-rural en campagne tchèque et le paysage alpin des hautes-Alpes françaises afin d’explorer les qualités spécifiques de ces “sites sentinelles”, indicateurs de la transition écologique.

INTERMISSION, plateforme expérimentale arts/sciences/paysages : Expérimenter le paysage à l’ère des infrastructures et du numérique.

Les partenaires : Transtechnology Research, Plymouth University - Plein Air Nouveau Lab – leader for application - Prof. Dr Michael Punt, Dr. Hannah Drayson, Dr. John Martin, Dr. Edith Doove ; (n) - Dominique Leroy, Marina Pirot ; SNhack Saint-Nazaire - Jeff Rolez, Docteur Anaïs Rolez ; KRA-Hranice : Gívan Belá (Guy Van Belle) ; partenaire associé : FOAM, Theun Karelse.

Intermission pose la question du sentir, du percevoir, qui n’est aujourd’hui plus dissociable du phénomène technique (technè), sans être pour autant coupé du bios, de la nature. Les nouvelles technologies constituent un réseau de juxtapositionnement : nous nous orientons dans le monde en fonction de toutes les données numériques qui en font “notre milieu”. Une nouvelle modalité de la technique de la “disparition/généralisation” du médium devenu immatériel nous emporte dans une dynamique collective et massive de “l’ultramédialité” (Barbanti). Or les médias agissent sur notre sensibilité, ils médient directement l’infrastructure de la sensibilité mondiale, courcircuitant nos consicences bio-métriques et environnementales. Les défis de la computation micro-temporelle (rapidité) et ubiquitaire (répandue partout dans un nouveau milieu) nous forcent à repenser nos subjectivités. Intégrant ces perceptions multimodales qui invitent à de nouvelles potentialités, nos sensibilités et imaginations sont tant devenues techno-esthétiques, que les technologies de l’art expérimental cherchent désormais à “forcer” les appareils à fonctionner contre l’appareillage technique qu’ils représentent. Elles cherchent de nouveaux “points de vue”, non paramétrés et renouvellent radicalement l’expérience esthétique. Avec la volonté de briser toute barrière entre technè et bios (art-ifice et nature), le phénomène technique tend à se dissimuler dans la nature et à se l’approprier. L’approche technologique de l’art plutôt que court-circuiter le sensible, ne génère-elle pas une écologie perceptive? La perception, comprise comme la variété des échanges entre un sujet et son environnement est au coeur des diverses techniques contemporaines (technologies fines du numériques et technologies kinesthésiques du corps) explorées par Intermission. Les expérimentations artistiques proposent des esthétiques de l’interaction des bio-techno-sphères ; le renouvellement des pratiques de création en ce sens participe de la révolution perceptive du monde contemporain. La subjectivité se produisant dans la multiplicité de ses agencements et relations permet d’élargir les potentiels perceptifs. Nouer art/science et technique/technologie/nature questionne comment le faire technologique de l’art augmente les degrès de sensibilité autant pour les scientifiques que pour les artistes. Travailler ensemble, avec des technologies en train de se mettre au point (comme les modules SNhack, etc), et pas encore rendues publiques, promeut la nécessité d’appropriation pour faire des technologies du numérique, une nouvelle matière répondant à une nécessité (politique) de renouver entre le faire et le savoir-faire. L’effet de ce processus sur l’appareil sensoriel humain est tel que le médium (l’aspect matériel du phénomène technique) en disparaissant, tend à absorber les (anciennes) déterminations sujet/objet et créer des conditions nouvelles dans la perception. Ces nouvelles modalités perceptives font subir une mutation substancielle aux productions d’oeuvres d’art : de nouvelles modalités pour constituer, façonner, matricer la matière. Au-delà du questionement formel de l’art, du déclin de l’objet pour une dynamique immatérielle et processuelle, ce qui est en jeu est le statut, le rôle et la possibilité de perception même. Renouver entre le faire et le savoir-faire, avec la volonté de briser toute barrière entre technè et bios (art-ifice et nature), revient peut-être à chercher un phénomène technique qui tend à se dissimuler dans la nature et à se l’approprier. Un effet de dépassement de l’esthétique, forme d’innovation ou d’actualisation de l’écriture artistique (opérée par toutes les avant-gardes historiques) est de chercher des modalités relationnelles pour faire face à cette disparition du médium et à la crise perceptive qui en découle. L’espace collectif de notre bio-techno sphère, loin de participer à une “déréalisation du réel”, ou une invalidation de la perception, promet au contraire les implications du sensorium et des modèles cognitifs, dans la perception. Ce bouleversement correspond aux nouvelles modalités de structuration et d’organisation spatio-temporelle ainsi qu’aux nouveaux modes d’acquisition de connaissances. Dans cette réalité complexe, les artistes conduisent les investigations nécessaires aux possibles stratégies perceptives à condition d’assumer le rôle d’expérimentation existentielle et esth-éthique du sensible que notre ère de l’ultramédialité semble leur attribuer. Cette approche esthétique de la bio-techno-sphère se configure comme le champs d’amplification des capacités perceptives, ayant comme corrélat l’amplification de ce qui du monde lui est dispoinible, perceptible, accessible.