N

SÉDIME(n)TS

Expérimentations & Installations sonores

Estuaire Nantes/ Saint-Nazaire

2017-2020

Le site internet du projet : https://n-a.life/sediments

|_ Dessin : Cyclo-weed / Deweeder solaire

Visuel : illustration du GIP-Loire Estuaire

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Visuel : Croquis préparatoire, (n)/2017

« SÉDIMENTS » est un projet poétique de sonification et installations sonores réalisé à partir des données collectées par le GIP-Loire-Estuaire (Variables et mouvements de la Loire captés en temps réel où enregistrés). L’enjeu du travail artistique sera de sonifier les données depuis un atelier nomade : le (n)A. Le (n)A tantôt aménagé comme résonateur, tantôt comme base d’appui pour le déploiement de dispositifs sonores dans le paysage sera l’espace de recherche en immersion et permettra d’éprouver diverses perceptions de l’environnement, d’en réinventer une expérience sensorielle.

SÉDIMENTS s’inscrit également dans une démarche de réflexion sur des problématiques paysagères. Il porte sur le lien entre les qualités du grand paysage et les pratiques quotidiennes de ses habitants (vie animale, activités industrielles, agricoles, fonctionnelles, urbaines ou rurales). Le projet se veut catalyseur de débats autour de thématiques actuelles du rapport homme/technologie/nature/paysage.

Visuels : illustration du GIP-Loire Estuaire

Visuels : Croquis préparatoires, (n)/2017

SÉDIMENTS-DESCRIPTION

Sédiments est un projet poétique de sonification et installation sonore interactive réalisé à partir des outils et des données de l’estuaire de la Loire collectés par le GIP (données invisibles captées en temps réél où enregistrées sur de longues périodes permettant de générer les modèles hydrosédimentaires). Le modèle hydrosédimentaire simule l’évolution dans le temps des principaux paramètres physiques de l’estuaire : courants, niveaux d’eau, salinité, turbidité sont calculés tout au long d’une année caractéristique. Les résultats sont disponibles tous les kilomètres. L’enjeu du travail artistique sera de sonifier les données depuis un atelier nomade : le (n)A, choisir une signature sonore pour chacun des paramètres retenus, tenant compte des variations dans le temps et des contextes investis. Le (n)A aménagé comme résonateur et espace de recherche en immersion est posté en différents endroits de l’estuaire et permet en quelque sortes d’éprouver diverses perceptions de l’environnement dans lequel on se trouve, d’en réinventer une expérience sensorielle.

Les estuaires sont des milieux complexes où peuvent varier fortement et rapidement les différents paramètres physiques sous l’effet de 2 facteurs principaux : le débit du fleuve et la marée. L’estuaire de la Loire comprend une grande diversité de milieux et d’espèces en fonction notamment des niveaux d’eau et du gradient de salinité. Les grands aménagements réalisés tout au long du XXème siècle destinés à renforcer la fonction portuaire (chenalisation et comblement des bras) ont conduit à un abaissement de la ligne d’eau, à une remontée du front de salinité jusqu’à Nantes et au développement du phénomène de bouchon vaseux. Ils ont également induit des phénomènes d’hypoxie de l’estuaire, préjudiciables à la vie aquatique.

SÉDIMENTS déploie une démarche expérimentale et s’appuie sur l’idée de transduction dans le grand paysage de l’estuaire. Le projet expérimente différentes zones géographiques et différents dispositifs convertissant des signaux physiques aquatiques (les données et variables de la Loire colléctées par le GIP) en vibrations sonores interagissant avec les lieux investis. Les paysages sonores font partie de tout écosystème et constituent une manifestation fondamentale de la vie. Chaque individu et chaque espèce contribue et réagit différemment à un contexte sonore donné avec son propre mécanisme de perception et utilise diverses stratégies de communication. SÉDIMENTS vient contibuer à cet ecosystème sonore en se greffant sur le paysage (réseau de communication, équipements infrastructures existantes, installations industrielles, végétation, le (n)A utilisé comme résonnateurs).

SÉDIMENTS : ENJEUX ARTISTIQUES

“SÉDIMENTS” et le (n)A est l’occasion de réunir des contributeurs, chercheurs, artistes théoriciens sur l’art du son et l’écologie et de leur proposer un contexte vivant de rencontre. Les expérimentations feront appel à des domaines et des pratiques de paysage très diversifiés telles que la marche, l’art sonore et la pratique d’installation, la bioacoustique, la biologie, l’écologie, l’ethologie, la pratique artistique telle la synthèse audio, la programmation et l’interaction avec les milieux. Nous savons encore très peu sur les relations complexes entre paysages et paysages sonores ou l’importance de l’écologie acoustique pour tous les organismes vivants, y compris nous-mêmes. Le processus de création Sédiments propose une plongée, une recherche artistique relative à la notion d’entropie écologique, au cœur des projets menés dans le n(A) - nomadic Atelier -  un atelier conçu comme un « laboratoire de paysages » mobile et autonome. Cette cellule de travail est un espace d’expérimentation puisant « en direct » les données du contexte dans lequel il se poste pour quelques temps. Le rapport au temps réel, souvent rejoué dans diverses œuvres sonores (un propos détourné dans le projet Sédiments!), prend ici la mesure du contexte choisi. Il s’agit de proposer des expériences perceptives, confrontant les données prélevées dans la « zone » investie à leur remodèlement, quasi architectural, pour créer des dispositifs, des champs d’écoute, de déambulation, d’observation, d’analyse, de lecture du contexte exploré. Il s’agit en quelques sortes d’éprouver diverses perceptions de l’environnement dans lequel on se trouve, d’en réinventer une expérience. L’atelier nomade permet l’expérimentation des données environnementales immédiatement prélevées tout en engageant des processus collectifs, où l’expérience du “commun” naît à travers des croisements d’expériences et de compétences (workshops collaboratifs, temps publics, rencontres, conférences, débats, fabrications, projections de films, pratiques expérientielles diverses, balades, moments conviviaux, etc) via l’atelier devenant un lieu de rendez-vous, un espace d’expériences communes. Conçu comme un atelier qui jouerait son propre modèle de production comme un objet artistique, l’enjeu du n(A) est de travailler en direct, en live à des propositions esthétiques réagissant aux problématiques contextuelles choisies : pour Sédiments, l’estuaire de la Loire est un « terrain » en cours de déploiement. Le travail conçu et présenté au n(A) consiste à questionner l’imaginaire, nos modalités perceptives en adoptant une méthode propre à chaque site, une technologie « sur mesure ». Il devient un laboratoire de développement d’outils permettant de pratiquer un lieu (de l’appréhender, le traverser) grâce à des propositions artistiques recevables « immédiatement ». C’est le rapport incessant au dedans/dehors génère le propos esthétique.  Par ailleurs, l’aspect partageable visé par le n(A) et la dynamique collective traitent d’une forme d’  « ultramédialité », telle qu’en parle Roberto Barbanti. Les moyens technologiques engagés brisent en effet la barrière entre technè et bios, artifice et nature ; la technologie semble se dissimuler dans la nature, se l’approprier, et c’est l’hybridation entre le sujet et l’objet qui créer des conditions nouvelles dans la perception. Autrement dit, et pour citer R.Barbanti : « le medium, l’aspect matériel du phénomène technique, en disparaissant, tend à absorber en lui-même ces deux « anciennes » déterminations qui sont le sujet et l’objet, en créant ainsi des conditions nouvelles dans la perception ». C’est de cette dynamique ultra – média et de ses implications artistiques dont il s’agit dans cette recherche, un positionnement artistique qui dépasse les questions de la représentation. Le n(A) cherche à explorer l’actualisation de cette écriture artistique ; et la dimension acoustique de Sédiments,  plus qu’un déploiement temporel, est une tentative de trouver des modalités relationnelles pour « écouter » autrement le paysage de l’estuaire.  L’atelier n(A) posté en extérieur permet la convergence des énergies des espaces explorés, des dynamiques environnementales, de leur complexité, en inventant sa propre méthode, depuis les outils jusqu’aux moyens de diffusion et de partage. Le projet Sédiments inaugure le cycle de recherches du n(A).

Équipe :

(n), projet Dominique Leroy et SNhack/Jean-François Rolez pour les modules constitutifs des installations

Partenaires :

DICAM-DRAC des Pays de la Loire / SCAM (Société civile des auteurs multimédias) / GIP Loire Estuaire.